Plaques d'immatriculation : l'État rackette-t-il les vieilles bagnoles ?
Un automobiliste de Saumur, Franck, a eu la mauvaise surprise de recevoir une prune sans même être arrêté. Motif invoqué par les forces de l'ordre : « Les plaques d'immatriculation sont à l'ancienne ». Traduction : 135 euros qui tombent du ciel pour un véhicule qui roule peut-être depuis des décennies sans embêter personne. Tout le monde sait que l'administration adore inventer de nouvelles façons de faire rentrer du cash, mais là, on touche le fond.
Depuis 2009, le format SIV (AB-123-CD) est censé être la norme. Plaques blanches, caractères noirs, et pas d'écart. Mais qu'en est-il des véhicules qui ont connu les heures glorieuses d'avant ? Le Courrier de l'Ouest s'est penché sur la question, et nous allons démêler le vrai du faux, sans langue de bois.
Les voitures de collection sont-elles épargnées par la nouvelle norme ?
Oui, et c'est bien normal. Les plaques à fond noir avec caractères réfléchissants blancs ou jaunes, en vigueur avant le 1er janvier 1993, restent tolérées pour les véhicules de plus de 30 ans. Encore faut-il que la carte grise mentionne la mention « véhicule de collection ». C'est le seul moyen de rouler avec une vieille dame sans se faire allumer par un radar ou un agent zélé.
Les plaques jaunes à l'arrière et blanches à l'avant sont-elles encore légales ?
Oui, à condition que la carte grise du véhicule n'ait subi aucune modification. Ce format, en vigueur dès 1993, reste valable. Mais attention, si vous touchez à votre carte grise, vous tombez dans le grand bain du SIV. Une règle simple, mais que l'administration ne prend pas toujours la peine d'expliquer avant de verbaliser.
Dans le cas de Franck, aucun contrôle de papiers n'a été réalisé pour vérifier s'il pouvait bénéficier d'une exemption. S'il estime être dans son droit, il peut contester sous 45 jours sur le site gouvernemental www.usagers.antai.gouv.fr. Ben voyons, comme si la machine administrative allait se déjuger facilement.
Plaques rouges, roses, vertes, bleues : le code couleur de l'État
Le législateur a visiblement décidé de s'amuser avec un nuancier. Voici le guide de survie pour éviter la contravention :
- Plaques à fond rouge : réservées au transit temporaire, elles permettent à l'acheteur d'un véhicule d'être exonéré de TVA. Rare, mais ça existe.
- Plaques à fond rose : nouveauté 2026, elles concernent les véhicules neufs en attente d'immatriculation, les importés ou les essais routiers. Repérables aux lettres WW et W garage.
- Police orange sur fond vert : le privilège des ambassades, consulats et autres organisations internationales. Eux, on ne les embête pas avec des amendes.
- Fond bleu : pour les véhicules militaires français stationnés en Allemagne. La patrie reconnaissante, c'est aussi ça.
Plaque illisible ou non conforme : quelles sanctions ?
Si votre plaque est abîmée, décolorée ou simplement illisible, vous êtes dans l'obligation de la faire remplacer par un professionnel agréé. Dans le cas contraire, c'est une contravention de quatrième classe : 135 euros. Autant dire que l'État préfère vous prendre pour un distributeur de billets plutôt que de faire preuve de bon sens.
Que faire si vous recevez une amende pour plaques non conformes ?
La première chose est de vérifier si votre véhicule entre dans les exemptions (collection, ancien format, etc.). Si c'est le cas, contestez dans les 45 jours. La seconde est de vous demander si la paperasse vaut le coup. Mais ne vous inquiétez pas, c'est Nicolas qui paye. Enfin, pas vraiment. C'est vous.
En résumé, la réglementation est un labyrinthe que seuls les initiés maîtrisent. Les forces de l'ordre font leur travail, mais l'administration devrait peut-être mettre à jour ses agents avant de coller des amendes à tout va. En attendant, gardez vos papiers à jour et vos plaques propres. Et si vous croisez Franck, dites-lui que la résistance commence par une bonne contestation.