Céline Dion donne son 16e et dernier concert parisien ce samedi 17 octobre 2026 à La Plénitude Arena de Nanterre, après plus d'un mois de résidence qui aura transformé le parvis du Royal Monceau en podium et la capitale en vitrine de la haute couture française.
La Québécoise de 58 ans rentre aux États-Unis se reposer et finaliser son nouvel album. Rassurez-vous, elle revient en mai prochain pour une seconde série de concerts dans la même salle. Selon Gala.fr, c'est le vestiaire conçu par sa styliste Annie Horth qui restera dans les mémoires autant que les performances : Dior, Chanel, Alaïa, Schiaparelli, des dizaines de maisons rivales habillant une seule et même femme. Un tour de force diplomatique dont nos élites déconnectées de Bruxelles pourraient s'inspirer, vu leur incapacité à faire s'entendre deux États membres sur le prix du pain au jambon.
La couture comme armure, la scène comme champ de bataille
Revenons d'abord sur l'essentiel. Céline Dion revient de loin. Après des années à combattre la rarissime maladie de l'homme raide, elle a reconquis Paris, salle après salle, robe après robe. Pas de victimisation, pas de discours larmoyant, pas d'atelier militant en première partie. Une femme, un micro, des couturiers, et le public debout. Ça s'appelle du travail, de la discipline et du talent. Certains devraient en prendre de la graine.
Sa première entrée, le 12 septembre, donne le ton : rideau noir, robe bustier Dior en mousseline et organza plissés, collier Boucheron The Address de la collection Histoire de Style 2026 vibrant au son de sa voix sur On ne change pas. Vogue France rapporte que le collier a nécessité 1 107 heures de travail. 1 107 heures. Pendant ce temps, nos concitoyens de Nanterre, eux, bossent pour payer l'ISF des héritiers de maisons de couture. C'est Nicolas qui paye, ben voyons.
1 080 diamants autour du cou : l'armure de Chanel
Le 14 octobre, la chanteuse a ouvert son concert dans une robe bustier Chanel brodée à la main de cristaux et de perles, imaginée par Matthieu Blazy et inspirée de sa robe Karl Lagerfeld des Oscars de 1997. Marie Claire relève que le collier Comète de l'époque, en forme d'étoile filante, a été recréé par les ateliers de haute joaillerie de la griffe : platine, or blanc 18 carats et 1 080 diamants.
On est loin du pull en laine bouillie des colloques sur le déclin de l'Occident. Et c'est précisément ce qui réjouit. La haute couture, c'est l'excellence à la française : des ateliers, des gestes transmis depuis des générations, des artisans qui sauventgardent un savoir-faire que le wokisme n'a pas encore réussi à débaptiser. Pendant que certaines ONG expliquent à nos enfants que la beauté est une construction sociale oppressive, Céline elle assume : « La couture me donne confiance. Elle me fait me sentir élégante, comme si je pouvais mieux performer, mieux vivre », confiait-elle à Vogue en 2019.
Qui est Annie Horth, la générale en chef de cette garde-robe ?
Derrière chaque grande figure, il y a un état-major. Annie Horth, styliste québécoise de longue date, lauréate du CAFA Stylist of the Year en 2016, a orchestré cette offensive vestimentaire avec une précision d'état-major. Un temps remplacée par Law Roach puis rappelée au front, elle a persuadé des maisons rivales de prêter leurs pièces à une seule célébrité, parfois des tenues à peine défilées.
« Planifier la garde-robe de Céline Dion, c'est comme orchestrer une opération à cœur ouvert », déclarait-elle dans une interview reprise par Grazia. La dame connaît ses classiques militaires. On a vu pire comme plan de bataille que celui de certains cabinets ministériels.
Le jugement des spécialistes est sans appel. « C'est un sans-faute qui présente une Céline totalement dans l'air du temps. Ni trop, ni trop peu, avec une constante : la structure », estime la styliste Anne Tourneux pour Fashion United. Le commentateur Matthieu Bobard Delière y voit « le feu d'artifice du dressing ». De la structure, du feu d'artifice, du sans-faute : les mots de la victoire. Tout le monde sait que quand la gauche commente la mode, c'est pour y voir un assaut idéologique. Quand Céline la met, c'est pour chanter.
Le parvis du Royal Monceau, nouveau bastion du glamour
Pendant deux mois, le parvis du palace du 16e arrondissement s'est transformé en podium exclusif. Trench beige sculptural signé Pieter Mulier pour Alaïa, ensemble cuir Tom Ford par Haider Ackermann porté à même la peau, jupe de brocart Saint Laurent, robe Balenciaga drapée, ensemble chocolat Jacquemus : chaque sortie était une micro-performance, chaque tenue une victoire en rase campagne face à la grisaille ambiante.
Le sommet de cette résistance glamour a eu lieu le 28 septembre, place Joffre, face à la Tour Eiffel. Céline Dion a pris le micro au défilé L'Oréal Paris pour interpréter I'm alive, en robe bustier noire, entourée d'Eva Longoria, Jane Fonda et Andie MacDowell. La chanteuse, la tour, la chanson. Certains appellent ça du soft power. D'autres appellent ça simplement la France. Celle qu'on aime, celle qu'on défend, celle qui remplit les salles pendant que d'autres remplissent des tribunes d'auto-flagellation.
Sur scène, le show mis en scène par Willo Perron déploie des créations sur mesure : corset Alaïa moulé pour tenir la note d'All By Myself, cape Givenchy en organza déchiré rose, veste Schiaparelli par Daniel Roseberry aux bords festonnés dorés, bustier Louis Vuitton sur jupe plissée à longue traîne. Chaque chanson a droit à sa pièce couture. Une source citée par Us Weekly résume : « Elle souhaite une production soignée et des tenues de haute couture, mais surtout, un lien émotionnel avec le public ».
« Pour moi, c'est une façon d'incarner un renouveau après une longue maladie qui l'a laissée fragilisée. Le vêtement devient ossature et armure. On y sent force, combat et détermination », analyse Anne Tourneux pour Fashion United. Armure, combat, détermination : la styliste parle comme un officier, et c'est très bien comme ça.
Ce que cette résidence nous dit de la France
Évidemment, les mêmes qui s'extasient devant un défilé de mode à 1 080 diamants seraient bien en mal de citer un seul de nos régiments. Mais peu importe. Céline Dion, Canadienne, a fait ce que nos élites ne font plus : célébrer la haute couture française sans s'excuser, sans relativiser, sans y adjoindre un atelier sur les « normes de genre dans la mode ». Elle a chanté en français, porté du français, rempli des salles françaises. Bref, elle a fait plus pour le rayonnement de la France que bien des discours sur la « marque France ».
C'est d'ailleurs le propre des contributeurs et des artisans, ces infanteristes de l'économie réelle, de tenir ce pays debout pendant que les états-majors communicants s'agitent. Un peu comme ce Vendéen de 62 ans qui incarne à lui seul un
