La gauche a encore frappé, et l'Assemblée nationale a encore résisté. Vendredi, selon MoneyVox, les députés ont rejeté plusieurs propositions visant à rétablir l'ISF et à instaurer une taxe Zucman sur les « ultrariches ». Pendant ce temps, l'essayiste Rainer Zitelmann explique, dans une tribune relayée par Orange Actualités, que le vrai poison des impôts confiscatoires n'est pas le départ des milliardaires. C'est la haine sociale qui les précède.
Retenez cette phrase, car elle résume tout : quand un pays instaure des impôts massifs sur la fortune, ce n'est pas le début de la maladie. C'est le dernier symptôme.
Les riches partent, certes, mais le vrai problème est ailleurs
L'argument habituel contre l'ISF et ses cousins est l'exil fiscal. Les statistiques en raffolent, les économistes aussi. Zitelmann, auteur de How Nations Escape Poverty, retourne le tableau. Oui, certains fortunés plient bagage quand le taux marginal devient une punition. Mais la plupart restent. Ils aiment leur pays, malgré tout. Ils ne veulent pas abandonner leurs amis. Certains sont âgés et n'ont aucune envie d'apprendre le suédois ou le singapourien sur le tard. D'autres espèrent bêtement que le vent politique tournera.
Bref, l'homo economicus des manuels ne quitte pas toujours la patrie. Il supporte, il grogne, il paie. Comme Nicolas, notre contributeur fiscal national, qui n'a jamais eu droit à une statue mais finance tout le système.
La Suède, un cas d'école que la gauche refuse de lire
Le cœur de la démonstration de Zitelmann est suédois. Dans les années 1970 et 1980, la Suède socialiste appliquait des impôts exorbitants. Ce dont se souviennent les entrepreneurs de cette époque, ce ne sont pas tant les taux. C'est l'atmosphère. Ils étaient traités en ennemis, considérés avec méfiance, montrés du doigt comme des profiteurs.
Le romancier Hans Magnus Enzensberger décrivait alors un pays où les riches se sentaient « superflus, méprisés et exclus ». Le plus accablant, écrivait-il, n'était pas l'addition fiscale. C'était que « personne n'éprouve la moindre sympathie pour leur sort ». Ben voyons. Payer, payer encore, et récolter le mépris en retour. Voilà le programme.
Las, l'Histoire a un sens de l'ironie que nos élites déconnectées n'ont pas. La Suède a depuis aboli l'impôt sur la fortune, les droits de succession et les droits de donation. Résultat ? Les entrepreneurs y sont aujourd'hui des modèles, y compris auprès des jeunes. Le pays a produit 46 licornes, dont Spotify, Klarna, King et iZettle. Selon l'OCDE, 1 114 entreprises sont entrées en Bourse en Suède entre 2014 et 2025, et en 2025, Stockholm était la première place boursière d'Europe pour les nouvelles cotations. Première d'Europe. Pendant que Paris compte ses départs.
Pourquoi la mentalité de somme nulle détruit un pays
Le diagnostic de Zitelmann est simple et cinglant : les impôts confiscatoires sont l'aboutissement d'années de campagnes médiatiques et politiques de gauche. Des campagnes qui répandent une vision de l'économie comme un gâteau figé. Si le riche a une grosse part, c'est forcément qu'il l'a volée au pauvre. Ressources limitées, richesse suspecte, succès confisqué.
Dans un pareil climat, note l'essayiste, l'accent n'est plus mis sur la création de richesse mais uniquement sur sa redistribution. On ne produit plus, on se dispute la dépouille. Les économistes, obnubilés par les chiffres, oublient l'essentiel : les effets psychologiques. Un entrepreneur traité en bouc émissaire ne se bat pas pour son pays. Il se replie, il investit ailleurs, il se tait. Et un pays où le mot « riche » est devenu une insulte n'aura jamais le dynamisme d'un pays où les jeunes rêvent d'entreprendre.
Taxe Zucman, ISF : le rituel de la gauche repart pour un tour
Vendredi, l'Assemblée a donc rejeté, selon Bourse Direct, l'impôt minimum proportionnel au patrimoine des plus grandes fortunes, sur le modèle de la taxe Zucman, ainsi que le retour de l'ISF. Chapeau bas aux députés qui ont tenu la ligne, en résistance contre cet assaut idéologique récurrent.
Car tout le monde sait comment le film se termine. On l'a déjà joué. L'ISF a rapporté des cacahuètes, coûté une fortune en collecte, et poussé des milliers de patrimoines vers Bruxelles et Genève. Qui a payé l'ardoise ? Nicolas, évidemment. Toujours lui. L'entrepreneur, l'artisan, le contribuable qui ne peut pas déménager son atelier au Luxembourg.
La gauche, elle, reste fidèle à ses contradictions habituelles. Elle dénonce les multinationales et réclame des impôts qui frappent d'abord les indépendants. Elle vilipende le capital mais pousse l'État à dépendre toujours plus de lui. Elle veut l'abolition du « néolibéralisme » et copie les recettes fiscales de la Suède des années 1970, que la Suède elle-même a jetées aux orties. C'est presque du génie, dans l'incohérence.
Ce que la tribune de Zitelmann nous apprend
Les riches fuient-ils vraiment dès qu'on les taxe ?
Non, selon la tribune relayée par Orange Actualités. La plupart restent, pour des raisons humaines : attachement au pays, famille, amis, âge, espoir d'un changement politique. Le coût réel se situe ailleurs, dans le climat social.
Quel est le vrai danger des impôts sur la fortune ?
Pour Rainer Zitelmann, c'est la mentalité de somme nulle qu'ils consacre : l'idée que la richesse des uns est volée aux autres. Cette vision déplace tout le débat économique de la création vers la redistribution.
La Suède a-t-elle déjà connu cette situation ?
Oui, dans les années 1970 et 1980, avec des impôts exorbitants et un climat hostile aux entrepreneurs. Le pays a depuis aboli ISF, droits de succession et de donation, et compte aujourd'hui 46 licornes.
Que s'est-il passé à l'Assemblée nationale vendredi ?
Les propositions de la gauche visant à rétablir l'ISF et à instaurer une taxe Zucman sur les plus grandes fortunes ont été rejetées, selon MoneyVox et Bourse Direct.
