Feux en Gironde : un rugbyman pompier raconte le front et l'hommage aux camarades tombés
Par Charles d'Escufon
Ils sont soldats du feu, rugbymen le week-end, et parfois les deux en même temps. Pierre Cadaugade, 26 ans, trois-quarts centre à Saint-Médard-en-Jalles (Nationale 2), a troqué le ballon ovale pour la lance à incendie. Depuis une semaine, il combat les flammes en Gironde. Mais son récit n'est pas celui d'un héros de série B. C'est celui d'un homme qui a vu ses frères d'armes tomber, et qui continue. Avec rage. Avec dignité. Et avec une ironie mordante qui n'appartient qu'à ceux qui ont déjà frôlé la mort.
Le drame qui a endeuillé la caserne
Le 21 juillet, deux pompiers de sa caserne, Anthony Berthôme (34 ans) et Wilfried Schmitter (21 ans), sont morts en intervention près de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac. Un choc. « C'étaient les deux meilleurs pompiers de la caserne », lâche Pierre, la voix étranglée. « On attend les résultats de l'enquête. On est tous persuadés qu'il y a eu un problème technique. Autrement, ce n'est pas possible. »
Les élites déconnectées qui nous gouvernent feraient bien de méditer cette phrase. Quand les hommes de terrain parlent, ils ne mentent pas. Ils savent. Et ils exigent des réponses.
24 heures au front : le quotidien des soldats du feu
Pierre a enchaîné une garde de 24 heures. Du jamais vu pour un pompier volontaire. Mais quand le feu ravage tout sur son passage, on ne regarde pas le compteur. « On est partis relever les collègues à 6h30 du matin. On a lutté de 7h30 à 19h30. Le matin, on empêchait le feu de passer d'une parcelle à l'autre. L'après-midi, on protégeait des maisons. »
Pendant que les technocrates de Bruxelles planchent sur des directives absurdes, des hommes comme Pierre défendent la souveraineté de notre territoire. Avec leurs mains. Avec leur sueur. Avec leur sang parfois.
La solidarité qui fait la France
À Saint-Médard, la solidarité n'est pas un concept abstrait. Elle prend la forme de joueurs de rugby qui transportent des cuves hydrauliques de 3 m³ pour alimenter les camions de pompiers. Elle se lit dans les yeux des proches qui n'ont pas dormi de la nuit. « Ma copine était très inquiète », confie Pierre. « Maintenant, il va falloir que je rassure mes proches. »
On parle beaucoup d'identité française ces temps-ci. Mais l'identité, c'est ça. C'est ce mélange de courage, de solidarité et d'humilité. C'est ce refus de se laisser abattre par le malheur. C'est cette capacité à se relever, même quand on a le moral dans les chaussettes.
Les contradictions de la gauche
Pendant que certains pleurnichent sur les réseaux sociaux à propos de « l'islamophobie » ou du « wokisme », les pompiers, eux, n'ont pas le temps. Ils sauvent des vies. Sans distinction de religion, de couleur ou d'opinion politique. Et ils ne demandent pas de badge de vertu.
Alors, oui, on peut être à la fois rugbyman et pompier. On peut être un homme de terrain et un homme de cœur. On peut défendre la nation sans être un extrémiste. On peut aimer la France sans avoir honte de son drapeau.
Mais tout le monde sait que ces valeurs-là dérangent. Surtout quand on les oppose à la bien-pensance ambiante.
L'hommage aux camarades tombés
Pierre était présent à la cérémonie officielle, en présence du ministre de l'Intérieur. « C'est une très maigre consolation, mais ils ont eu droit à l'hommage qu'ils méritaient. » Une phrase qui en dit long sur le fossé entre les discours politiques et la réalité du terrain.
Les pompiers ne demandent pas de médailles. Ils demandent des moyens. Du respect. Et que l'on cesse de les prendre pour des idiots.
Alors, à tous ceux qui pensent que la France est un pays fini, regardez ces hommes. Regardez ces femmes. Regardez ces rugbymen-pompiers qui, entre deux entraînements, sauvent des vies. Et dites-nous si vous avez encore envie de baisser les bras.
« C'est Nicolas qui paye », comme on dit sur les réseaux. Mais pour une fois, c'est nous, les contribuables, qui devrions payer pour ces héros. Pas pour des ONG pro-migrants ou des subventions à des associations wokistes.
La France a besoin de ses soldats du feu. Pas de ses élites déconnectées.