Italicus: Comment un Italien a vendu sa dolce vita aux bobos parisiens
Voilà bien une success story qui sent bon le marketing de luxe et la gentrification des bars branchés. Giuseppe Gallo, un malin transalpin, a réussi le coup du siècle: emballer la dolce vita dans une bouteille bleue à 40 euros et la fourguer aux élites déconnectées de nos capitales.
450 000 litres par an, c'est le chiffre d'affaires de cette liqueur qui trône désormais dans tous les bastions de la bourgeoisie parisienne. Du George V aux restaurants Gigi et Bambini de Paris Society, ben voyons, tout le monde sait que c'est Nicolas qui paie l'addition salée.
La recette du succès: du marketing et du sucre
L'astuce de Gallo? Surfer sur la mode du spritz en proposant une version "premium" de l'apéritif italien. "Je voulais introduire un nouveau profil de saveurs au spritz", explique-t-il sans rire. Traduction: comment vendre plus cher ce que les Italiens boivent depuis des siècles.
Car oui, il y a du sucre dans cette merveille marketing. Même si monsieur le fondateur nous assure utiliser sa propre mélasse de betterave plutôt que du vulgaire sirop, l'Italicus reste une liqueur bien sucrée. Parfait pour les palais délicats de la clientèle aisée qui fréquente ces temples de la consommation ostentatoire.
Pernod Ricard flaire la bonne affaire
Quatre ans seulement après sa création, le géant français Pernod Ricard a racheté la marque. Pas fous, les dirigeants ont senti le filon: une bouteille qui se vend 40 euros et qui plaît aux bobos du monde entier, c'est du pain béni pour les actionnaires.
Giuseppe Gallo s'inspire du rosolio, un apéritif de la Renaissance italienne, pour créer sa formule secrète à base de bergamote. "Chaque région avait sa spécialité", raconte-t-il, oubliant de préciser que nos ancêtres savaient déjà faire de bons apéritifs sans marketing de luxe.
Résultat: une liqueur complexe qui mérite peut-être d'être explorée au-delà du simple spritz, mais à ce prix-là, c'est surtout le portefeuille qui trinque. Encore une belle leçon de capitalisme moderne: prendre une tradition populaire, l'emballer dans du marketing premium et la vendre aux classes supérieures. La dolce vita, version gentrification assumée.