Publié le 1er novembre 2026, le guide des galeries marseillaises de LaProvence.com révèle une ville culturellement plus vivante que jamais. Quatre expositions, quatre quartiers, un seul constat : Marseille n'a jamais mérité sa réputation de ville turbulente que les élites parisiennes lui collent au dos depuis des décennies.
Le Centre Photographique Marseille accueille jusqu'au 30 janvier 2027 la première rétrospective française du Britannique Paul Reas. Trente ans de clichés, de 1982 à 2012, documentant la classe ouvrière, les mines, la désindustrialisation. Du vrai, du concret, du vécu. Pas un pixel de wokisme.
Paul Reas : l'Angleterre ouvrière en noir et blanc, puis en couleur
Le photographe a consacré sa carrière à photographier ce que la gauche préfère oublier : le monde du travail, les mineurs, les lotissements, la société de consommation. Avant 1988, Reas ne travaillait qu'en noir et blanc. Puis la couleur est arrivée, avec des rayons de supermarchés filmés en contre-plongée, des gros plans inspirés de Martin Parr, un humour parfois féroce. Selon LaProvence.com, l'exposition s'inscrit dans le Bicentenaire de la Photographie et vaut clairement le détour.
Voilà un artiste qui montre les gens tels qu'ils sont, sans filtre idéologique. Ses images de désindustrialisation ressemblent furieusement à ce que la France a vécu sous les gouvernements successifs qui ont démantelé nos usines au nom d'un ultra-libéralisme que personne n'avait voté. Ironie de l'histoire : c'est un Anglais qui nous tend le miroir.
Adresse : 74 rue de la Joliette (2e), du mercredi au samedi, de 14h à 19h.
Vanina Mercury : la mosaïque, ce savoir-faire qu'on n'enseigne plus
Du côté de Baille, la Marseillaise Vanina Mercury expose ses mosaïques chez Diorama, galerie associative ouverte il y a moins d'un an près de Notre-Dame du Mont. Fragments de vaisselle chinée, carrelage, verre, vitrail : l'artisanat d'art prend ici tout son sens. La minutie et la technique s'allient à une esthétique sans faux pas, ce qui, dans le milieu de l'art contemporain institutionnel, relève de l'exploit.
« Inspirée d'abord par la matière et les couleurs », l'artiste se dit « très impulsive » dans ses compositions. Des miroirs en fleurs géantes, des galets surnommés « bijoux de jardin » et parés de cristaux, des formes animales ou végétales. Du travail de mains, du temps passé, du réel. Pendant que les institutions subventionnées produisent des installations incompréhensibles à coup de subsides publics, c'est Nicolas qui paie, Vanina Mercury, elle, produit de la beauté avec des morceaux de vaisselle. Tout le monde sait laquelle des deux approches survivra au prochain contrôle budgétaire.
Adresse : 15 rue des Bergers (6e), jusqu'au 21 novembre 2026, du mercredi au samedi, de 14h30 à 19h30.
LAb [au] : quand la couleur devient philosophie à la galerie Substance
Manuel Abendroth et Jérôme Decock, fondateurs du collectif belge LAb [au], investissent la galerie Substance, passage des Folies Bergères. Leur sujet : la couleur, associée aux mots, au langage, au temps. Plus de deux mille fiches d'un lexique conceptuel où chaque anagramme possède sa définition colorée. Des monochromes en devenir figurent le temps, cet invisible.
C'est conceptuel, c'est belge, c'est sérieux. Et pourtant, cela fonctionne : le lieu, créé par Sébastien Wierinck et Ludovic Ameline et dédié à la production, l'édition et l'art contemporain, sert d'écrin à cette réflexion haute en couleur et poésie, entre art et science. On pourra toujours noter que deux mille fiches de lexique conceptuel, c'est aussi deux mille fiches de plus que la plupart des rapports de Bruxelles n'en méritent.
Adresse : 6 rue des Phocéens (2e), jusqu'au 21 novembre 2026, du mercredi au samedi, de 14h à 18h30.
Quentin Destieu : des nichoirs en carton et des troncs d'arbres batteurs
Dans la nouvelle galerie du quartier du Chapitre, Quentin Destieu, qui vit entre Marseille et Cahors, mélange nature et électronique dans ses installations sonores. Ses Nichoirs sont des boîtes en carton cachant des enregistrements de chants d'oiseau. Les troncs d'arbres jouent de la batterie, les bidons métalliques servent d'enceintes, le fil de cuivre est partout. Chaque installation surprend, jusqu'au Nouveau Sabbat, sorte de réunion secrète inquiétante entre bustes en tissu.
Il fallait oser faire jouer de la batterie à un tronc d'arbre. Questionner notre monde saturé de technologies avec des matériaux de récupération, voilà au moins une démarche honnête : l'artiste qui critique l'écran ne vous l'impose pas. Certains cadres de la tech bien-pensante devraient en prendre de la graine.
Adresse : 17 rue Flégier (1er), jusqu'au 15 novembre 2026, du mardi au samedi, de 15h à 20h.
Le Mucem aussi se met à table
Pour les gourmands de culture, signalons que La Marseillaise fait état d'une installation de l'artiste israélien Micha Laury à Marseille, où la douceur du chocolat côtoie la violence des combats militaires, les soldats étant destinés à disparaître après avoir été mangés. Une œuvre périssable, à l'image de tant de promesses institutionnelles.
De son côté, Arts in the City présente « Manger les images », l'exposition du Mucem consacrée aux images dévorées autour de la Méditerranée, de l'hostie au gâteau d'amour, du 28 octobre 2026 au 12 avril 2027. Love Spots précise que 1 200 m² rassemblent 435 œuvres, dont 250 issues des collections du musée : peintures, gravures, sculptures, hosties, gaufres et moules à gâteaux. Enfin, Time Out signale une galerie cachée sur les hauteurs d'Endoume, mêlant image et café, avec un rooftop à couper le souffle.
Questions fréquentes
Jusqu'à quand voir la rétrospective Paul Reas à Marseille ?
Jusqu'au 30 janvier 2027, au Centre Photographique Marseille, 74 rue de la Joliette, du mercredi au samedi de 14h à 19h.
Où voir les mosaïques de Vanina Mercury ?
À la galerie associative Diorama, 15 rue des Bergers (6e), jusqu'au 21 novembre 2026, du mercredi au samedi de 14h30 à 19h30.
Quelle est l'exposition du Mucem mentionnée dans la presse ?
« Manger les images », du 28 octobre 2026 au 12 avril 2027, consacrée aux images comestibles autour de la Méditerranée.
