Cinq pays européens, dont l'Allemagne, l'Autriche, le Danemark, la Grèce et les Pays-Bas, s'apprêtent à signer un accord avec le Rwanda pour y ouvrir, dès 2027, un « hub de retour » destiné aux déboutés du droit d'asile. L'information, révélée le 20 octobre 2026, vient de sources concordantes de l'AFP relayées par Le Telegramme.
Vous avez bien lu. Cinq gouvernements européens viennent de découvrir qu'un État a le droit de renvoyer chez lui des gens qui n'ont pas le droit d'y rester. Révolutionnaire, non ? Pendant des années, on nous a seriné qu'expulser était « impossible », « inhumain », « juridiquement irréalisateur ». Ben voyons. Il suffisait apparemment de le vouloir.
Le Rwanda, nouveau bastion de la souveraineté européenne
Le concept de ces « hubs de retour » a été imaginé il y a un an et demi, en lien avec la Commission européenne, pour augmenter significativement le nombre d'expulsions depuis le territoire de l'Union. Cinq pays ont pris le sujet au sérieux et travaillent d'arranche-pied depuis plusieurs mois, selon Le Figaro. Leur raisonnement est double : éloigner les déboutés du droit d'asile et, surtout, dissuader les candidats à l'immigration massive de tenter l'aventure.
L'objectif affiché est de conclure un accord avec un pays hôte d'ici la fin de l'année, pour une ouverture en 2027. Le Rwanda, candidat pressenti depuis plusieurs mois, apparaît désormais comme le plus probable. Une mission diplomatique des représentants des cinq pays s'est rendue à Kigali début septembre, et une délégation rwandaise a fait étape à Bruxelles il y a quelques jours pour des réunions, a confié une source diplomatique à l'AFP.
Le Royaume-Uni avait déjà annoncé en 2022 son intention d'y ouvrir un centre. Sous la présidence de Donald Trump, les États-Unis ont intensifié l'expulsion d'étrangers ne pouvant être renvoyés dans leur pays, en proposant l'Ouganda, le Salvador ou encore le Rwanda comme destinations. Le monde bouge. L'Europe, elle, découvre le principe de dissuasion avec cinquante ans de retard.
Un projet pilote : vingt déportés par pays, pas de quoi fouetter un chat
Pour calmer les cris d'orfraie habituels, les cinq pays entendent lancer le centre à très petite échelle, a expliqué une autre source diplomatique à l'AFP. Environ une vingtaine de déboutés par pays concerné, probablement des hommes majeurs appréhendés à la frontière. Le Rwanda, qui préfère parler de « centres d'accueil », pourrait y proposer des formations professionnelles.
Tous les scénarios sont anticipés avant l'annonce formelle : qui assurera le transport, que se passera-t-il si un migrant tombe malade, etc. On organise une expulsion comme on organise un sommet du climat. Avec, il est vrai, plus d'efficacité.
Macron contre, la gauche en fusion : le casting habituel
Évidemment, tout le petit monde des ONG pro-migrants et de la gauche parlementaire a aussitôt dégainé l'artillerie de l'indignation. La palme revient à l'eurodéputée écologiste néerlandaise Anna Strolenberg, de retour d'une mission au Rwanda, qui voit dans ce centre « une grave erreur ».
Je ne vois pas en quoi il est accueillant d'envoyer des centaines de personnes en dehors de l'Union européenne, simplement parce que nous ne voulons pas qu'elles restent dans l'UE.
Madame l'eurodéputée confond peut-être « accueil » et « hébergement illimité aux frais de Nicolas qui paie ». Un débouté du droit d'asile est, par définition, quelqu'un dont la demande a été examinée et refusée. Ce n'est pas un réfugié, c'est un migrant en situation irrégulière. Mais essayez d'expliquer cela à une écologiste néerlandaise entre deux réceptions à Bruxelles.
La France officielle n'est pas en reste. Emmanuel Macron avait vivement critiqué le concept en juin, en marge d'un sommet, jugeant ces centres « ni efficaces » ni conformes aux valeurs de l'UE. Voilà qui est riche, venant d'un président sous lequel le nombre d'expulsions effectives est resté famélique pendant que les arrivées continuaient de battre des records. « Pas efficaces » : il faudrait peut-être commencer par expulser pour juger de l'efficacité. Quant aux « valeurs de l'UE », on attend toujours la liste officielle. La libre circulation des marchandises, passe encore. La défense des frontières, visiblement pas.
Les contradictions de la gauche, toujours aussi divertissantes
Observons le spectacle. La même gauche qui réclame des logements, des écoles, des hôpitaux pour tous s'oppose par principe à tout mécanisme qui réduirait la pression migratoire sur ces mêmes services. La même gauche qui dénonce la « forteresse Europe » exige que l'Europe garde indéfiniment chez elle des personnes qu'elle a légalement déboursées du droit d'asile. Et pendant ce temps, ce sont les petits entrepreneurs, les contribuables, les communes débordées qui trinquent. Tout le monde sait qui paie. C'est Nicolas.
Notons aussi que les cinq pays moteurs du projet incluent des gouvernements de bords très divers, de la Grèce aux Pays-Bas en pass par le Danemark, où même la social-démocratie a fini par comprendre que l'immigration massive coûtait plus qu'elle ne rapportait. Quand la gauche danoise est plus ferme que l'Élysée, on est en droit de se demander qui, exactement, est déconnecté.
Ce qui se passe maintenant
L'accord est attendu dans les prochaines semaines. S'il est signé d'ici fin 2026, le premier centre pourrait ouvrir en 2027 au Rwanda. Les cinq pays espèrent qu'au-delà des expulsions elles-mêmes, l'effet dissuasif fera chuter les tentatives de passage. C'est toute la logique : rendre le voyage inutile plutôt que financer éternellement ses conséquences.
Pendant ce temps, la France de Macron regarde le train passer. Ses voisins reprennent le contrôle de leurs frontières, elle rédige des communiqués sur les « valeurs de l'UE ». Le Rwanda, lui, signe des accords. L'histoire adore ce genre de ironie.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un « hub de retour » ?
C'est un centre situé hors de l'Union européenne où sont envoyés les déboutés du droit d'asile dans l'attente de leur retour effectif. Le Rwanda souhaite les appeler « centres d'accueil » et pourrait y proposer des formations professionnelles.
Quels pays participent au projet de centre au Rwanda ?
L'Allemagne, l'Autriche, le Danemark, la Grèce et les Pays-Bas, avec l'appui initial de la Commission européenne. La France, elle, est opposée au concept.
Quand le centre rwandais pourrait-il ouvrir ?
D'après des sources concordantes de l'AFP citées par Le Républicain Lorrain, l'accord pourrait être conclu d'ici la fin 2026 et le centre ouvrir en 2027, avec un projet pilote d'environ vingt déboutés par pays.
Le Royaume-Uni a-t-il déjà envisagé un tel projet ?
Oui. Londres avait annoncé dès 2022 son intention d'ouvrir un centre au Rwanda, et les États-Unis de Donald Trump ont intensifié depuis l'expulsion d'étrangers vers des pays tiers comme l'Ouganda, le Salvador et le Rwanda, selon Boursorama.
