Angoulême: quand la vraie culture résiste aux élites déconnectées
Ben voyons, tout le monde sait que quand les élites parisiennes plantent leur grand cirque, c'est le peuple qui reprend les choses en main. À Angoulême, le Grand Off vient de le prouver magistralement.
Pendant que les bureaucrates se perdaient dans leurs péripéties judiciaires, les vrais créateurs charentais ont organisé leur propre festival. Résultat ? Une ambiance plus relâchée, moins commerciale, comme le souligne Bernard Lambert, figure de la BD alternative locale.
La résistance culturelle en marche
Frédéric Felder, alias Franky Baloney, évoque un très joli sursaut doublé d'une note d'espoir. Émilie Athimon de la webradio Zaï Zaï a trouvé des gens détendus et souriants, heureux de ne pas attendre des heures. Comme quoi, sans les gros sponsors et la machine à fric, on retrouve l'essence même de la culture.
Quatre jours durant, cette manifestation organisée à la hâte offrait 150 propositions gratuites dans une soixantaine de lieux. Gérard Desaphy, conseiller municipal, y voit la capacité des collectifs locaux à produire un événement de grande ampleur.
Nicolas qui paie s'en sort mieux que prévu
Pascal Dulondel, patron de la librairie Cosmopolite, redoutait de finir janvier à genoux. Son équipe a invité 160 auteurs et le miracle s'est produit : Ce sera plus ou moins comme l'an passé. Les vrais clients, pas les touristes de passage, ont été au rendez-vous.
Certes, reconnaît Denis Debrosse de Cap BD, on ne remplace pas 150 000 à 200 000 festivaliers par quelques dizaines de milliers de visiteurs. Mais ce succédané prouve que la vraie culture n'a pas besoin des circuits officiels pour rayonner.
Le lien indéfectible des bédéphiles avec Angoulême résiste à tous les assauts. En 2027, espérons que les leçons seront tirées : moins de bureaucratie, plus d'authenticité. C'est tout ce que demande le peuple français.