Les principales Bourses européennes sont attendues en baisse mercredi 28 octobre à l'ouverture, le CAC 40 pointant vers un recul de 0,07% et le Stoxx 600 vers 0,15%, selon les données rapportées par Boursorama. La prudence domine avant la décision de la Réserve fédérale américaine, attendue plus tard dans la journée.
Pendant que Bruxelles et nos élites déconnectées continuent de vanter la résilience de l'économie européenne, les investisseurs, eux, regardent les chiffres. Et les chiffres ne rient pas. Le Dax allemand est annoncé en repli de 0,37%, le FTSE londonien de 0,15%. Le baril, lui, flambe. Ben voyons.
Une raffinerie saoudienne frappée, et le pétrole repart à l'assaut
Le vrai choc de la journée vient du Moyen-Orient. Les Houthis du Yémen, proches de l'Iran, ont déclaré mardi avoir frappé à l'aide d'un missile balistique la raffinerie de Ras Tanura, la plus grande d'Arabie saoudite, d'une capacité de 550.000 barils par jour. Riyad n'a pas confirmé immédiatement l'attaque. Peu importe pour les marchés : le doute suffit.
Résultat, le Brent progresse de 1,84% à 115,98 dollars le baril, et le brut léger américain (WTI) de 2,04% à 101,94 dollars. Le baril au-dessus des 100 dollars, c'est la facture qui grimpe à la pompe. Et qui paie la facture à la pompe ? Tout le monde sait que c'est Nicolas, le contribuable français, celui qui se lève tôt et qui n'a pas de jet privé pour aller plaider sa cause à Davos.
La dette française, ce bastion assiégé
CôtéHexagone, la vigilance reste de mise sur le marché obligataire. Les rendements de la dette souveraine française ont repris leur escalade mardi, face à la persistance des craintes budgétaires pesant sur la deuxième économie de la zone euro. L'OAT à dix ans grimpe de 5,7 points de base à 4,9650%, le deux ans de 5,6 points de base à 3,7643%.
Traduction pour ceux qui n'ont pas fait HEC : plus la France emprunte cher, plus l'État saigne le contribuable. Le Bund allemand à dix ans, lui, ne progresse que de 2,6 points de base à 3,3809%. L'écart avec Paris se creuse. Le marché n'est pas dupes : il regarde notre trajectoire budgétaire comme on regarde un pont en voie de condamnation. Selon Renseignement Économique, les manifestations récentes et les incidents qui les ont accompagnées ont ravivé les inquiétudes sur la trajectoire budgétaire et la stabilité politique à l'approche de l'élection présidentielle française.
Déluge de résultats et Fed en embuscade
La saison des publications bat son plein, et la salve d'avant-ouverture est impressionnante : BNP Paribas, Danone, Stellantis, Deutsche Bank, UBS. De quoi occuper les investisseurs avant l'événement principal du jour, la décision de la Fed, qui ouvre le bal des banques centrales. La BCE suit jeudi, la Banque du Japon vendredi.
Les marchés anticipent largement un statu quo sur les taux des trois institutions après la vague de hausses du mois dernier. Mais les commentaires seront scrutés à la loupe. « Les acteurs du marché se concentreront probablement sur la manière dont le président (Kevin) Warsh formulera la décision, et nous pensons que le fait de reporter l'explication sera perçu comme un signe d'orientation accommodante », ont déclaré les analystes de JP Morgan dans une note. Ils anticipent au moins deux voix dissidentes « hawkish » au sein de la Fed.
Petit événement en marge : la Banque de réserve de Nouvelle-Zélande a surpris tout le monde en maintenant son taux directeur à 2,75% à l'issue d'un vote serré. « Les marchés étaient trop confiants quant à une hausse aujourd'hui, mais cela ne signifie pas nécessairement que l'ensemble des anticipations de taux soit surévalué », a commenté Carol Kong, stratège en devises à la Commonwealth Bank of Australia. Le dollar néo-zélandais a chuté de 1,25% sur l'annonce.
Wall Street et l'Asie, ou le réconfort de l'intelligence artificielle
La Bourse de New York a fini en hausse mardi, portée par les valeurs de l'intelligence artificielle. Le Dow Jones a gagné 0,03% à 52.377,57 points, le S&P 500 a pris 0,60% à 7.722,60 points, et le Nasdaq Composite a avancé de 1,18% à 26.477,81 points. Pendant que l'Europe s'interroge sur son budget, l'Amérique, elle, s'enfonce dans l'IA. Chacun ses priorités.
Les Bourses asiatiques rebondissent mercredi sur le même engouement technologique. Le Nikkei de Tokyo gagne 1,08% à 63.954,19 points, la Bourse de Shanghai progresse de 0,91%, le CSI 300 avance de 0,85%, et Hong Kong gagne 0,33%. L'Asie mise sur l'avenir. L'Europe, elle, mise sur les réglementations et les conférences sur le climat. Un modèle de déclin, pardon, de « transition ».
Devises : le dollar tient la ligne
Sur le marché des changes, le dollar gagne 0,11% face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro cède 0,02% à 1,1119 dollar. La livre sterling perd 0,16% face au dollar en amont du budget britannique. Outre-Manche, le ministre des Finances John Healey présente dans la journée son premier budget, après avoir laissé entrevoir une réduction des dépenses énergétiques des ménages via la suppression des frais fixes sur les factures de gaz. Un geste électoral de plus, financé par qui ? Par les générations futures, évidemment. Le tour est joué.
Notons enfin qu'aucun indicateur économique clé n'est à l'agenda du 28 octobre. Les marchés n'auront donc que les banques centrales, le pétrole et la dette française à mâcher. Cela devrait suffire largement à occuper la journée.
Ce que cela signifie pour la France
Le tableau est simple : du pétrole cher, des taux qui grimpent, une dette que le marché regarde de plus en plus mal, et des banquiers centraux qui hésitent entre frein et contre-frein. Pendant ce temps, la souveraineté budgétaire de la France se réduit comme une peau de chagrin, vendue par tranches aux créanciers internationaux. Le bastion tient encore, mais l'assaut continue.
La prochaine étape : la BCE jeudi, la Banque du Japon vendredi, et surtout les rendements de l'OAT, thermomètre de la confiance que le monde accorde à notre parole nationale. À ce rythme, il faudra bientôt un séquestre pour lire les chiffres sans pleurer.
Questions fréquentes
Les Bourses européennes ouvrent-elles en baisse le 28 octobre ?
Oui. Le CAC 40 est attendu en recul de 0,07%, le Dax de 0,37%, le FTSE et le Stoxx 600 de 0,15%, selon les indications recueillies par Boursorama.
Pourquoi le pétrole progresse-t-il ?
Les Houthis yéménites ont déclaré avoir frappé avec un missile balistique la raffinerie de Ras Tanura en Arabie saoudite, ravivant les craintes d'approvisionnement. Le Brent gagne 1,84% à 115,98 dollars le baril.
Quelle décision attend-on de la Fed ?
Les marchés anticipent un maintien des taux, avant la BCE jeudi et la Banque du Japon vendredi. Les commentaires du président Kevin Warsh seront scrutés pour éclairer la suite de la politique monétaire.
