Un avion d'Air New Zealand a décollé lundi 27 octobre du nouvel aéroport international de Western Sydney, un chantier à 3,3 milliards d'euros qui tournera 24 heures sur 24. Petit détail : pour l'atteindre, comptez jusqu'à trois heures de bus, faute de métro.
Selon BFMTV, la nouvelle infrastructure, baptisée Nancy-Bird Walton, doit désengorger le vénérable Kingsford Smith, saturé avec plus de 42 millions de passagers en 2025. Le hub historique, ouvert il y a plus d'un siècle, subit en effet un couvre-feu nocturne pour épargner les riverains. Le nouveau, lui, n'aura aucune limite horaire. Comme Dubaï. Vous avez bien lu : l'Occident déconnecté doit désormais prendre des leçons d'efficacité auprès des Émirats.
Un aéroport ouvert 24h/24, accessible... en théorie
Le directeur général de l'aéroport, Simon Hickey, a promis « aux compagnies aériennes une plus grande flexibilité ». Flexibilité du site, certes. Flexibilité de l'État, autre débat. Car pendant que le tarmac tourne à plein régime, la ligne de métro censée relier l'aéroport au centre-ville a pris du retard et ne sera pas achevée avant au moins un an, selon The Guardian. En attendant, un seul bus dessert le site. Un bus. Pour un aéroport international.
Interrogés par la BBC, les habitants de Sydney ne mâchent pas leurs mots. « 3h30 en bus contre 40 minutes en voiture, c'est mauvais », tranche une résidente. « On attendra que le métro soit opérationnel pour y aller », ajoute un autre. Tout le monde sait comment ça finit : le contribuable paie l'infrastructure, le contribuable attend le raccordement, et le contribuable prend sa voiture. C'est Nicolas qui paye, version kangourou.
Éloges officiels et réalité du terrain
Le Premier ministre australien Anthony Albanese a salué un « nouveau et merveilleux chapitre » pour le pays et pour la banlieue ouest de Sydney, zone encore éclipsée par le centre-ville. Dans un communiqué relayé par Euronews, il a promis que l'ouverture stimulerait emplois, investissements et croissance pour l'une des régions les plus dynamiques d'Australie. Discours d'inauguration classique : on plante la banderole, on brandit la pelle, on oublie le bus.
Le site, situé à 45 kilomètres du centre-ville à vol d'oiseau et à environ 60 kilomètres par la route, selon Zonebourse, vise 10 millions de voyageurs annuels à court terme, puis 35 millions d'ici 2035. Qatar Airways, Fiji Airways et Vietjet Air doivent le desservir courant 2027. Singapore Airlines suivra le 23 novembre avec une liaison quotidienne en Airbus A350-900, rapporte Air Journal.
Le symbole d'une époque
Un aéroport à 3 milliards, une piste unique, une ouverture 24 heures sur 24, et un bus fatigué pour unique lien avec la civilisation. Voilà le portrait accompli de nos élites déconnectées : elles conçoivent des cathédrales de béton, puis confient le dernier kilomètre au hasard. En France, on connaît la chanson : on dépense des milliards en études, en consultants, en semaines de négociation environnementale, et l'usager final prends la route.
L'Australie, nation pragmatique s'il en est, vient de réussir l'exploit de bâtir un outil moderne avec un raccordement d'un autre siècle. Nancy-Bird Walton, pionnière de l'aviation australienne, doit être fière là-haut. Son nom orne un aéroport que personne ne sait encore rejoindre sans un plein d'essence.
Ce qu'il faut retenir de l'ouverture de l'aéroport de Western Sydney
Quand le métro reliera-t-il le nouvel aéroport de Sydney ?
Pas avant au moins un an, selon les médias australiens. La ligne est en construction mais a pris du retard.
Combien a coûté le nouvel aéroport de Western Sydney ?
5,3 milliards de dollars australiens, soit environ 3,3 milliards d'euros.
L'aéroport Nancy-Bird Walton fonctionne-t-il la nuit ?
Oui, sept jours sur sept et 24 heures sur 24, contrairement à Kingsford Smith qui subit des restrictions nocturnes.
