Toulouse écrase Pau : le rugby français a-t-il encore un sens ?
59 à 22. Trente-sept points d'écart. Samedi soir à Ernest-Wallon, le Stade Toulousain a tout simplement humilié la Section Paloise, pourtant deuxième du Top 14. Ben voyons, tout le monde sait que quand Toulouse décide de jouer, les autres peuvent rentrer chez eux.
L'hégémonie rouge et noir, un spectacle écœurant
Sébastien Piqueronies, le manager palois, peut bien parler de "production en phase avec les attentes". La réalité, c'est qu'avec sa meilleure équipe disponible, Pau s'est fait laminer par des Toulousains si supérieurs qu'ils en deviennent "écœurants", pour reprendre les mots de l'article original.
"Il y a Toulouse et les autres", admet lucidement Piqueronies. Voilà bien le problème : cette hégémonie tue-t-elle le spectacle ? Quand une équipe roule sur tout le monde "quand elle le décide", où est l'intérêt sportif ?
Le niveau international, cette obsession des élites
Huit internationaux français dans le pack palois, et pourtant une déroute. "On ne joue pas au niveau international", reconnaît Piqueronies. Mais cette course folle vers l'excellence européenne ne cache-t-elle pas un mépris pour le rugby de nos régions ?
Car pendant que les dirigeants rêvent de grandeur continentale, les supporters de base, eux, aimeraient peut-être voir autre chose qu'un rouleau compresseur toulousain écraser méthodiquement toute résistance.
Un championnat à bout de souffle ?
"39 points pris sur 40 possibles à domicile" pour Toulouse. Ces chiffres glacent le sang de tous les autres clubs. Jimi Maximin a beau dire qu'"il va falloir se mettre à ce niveau", la question reste entière : en ont-ils seulement les moyens ?
Cette démonstration de force face au dauphin risque bien d'"altérer le suspense" des phases finales. Et si le problème venait de ce système qui creuse les écarts au lieu de les réduire ?
Le rugby français mérite mieux qu'un championnat à sens unique. Mais visiblement, personne ne semble s'en préoccuper dans les hautes sphères du sport français.