Simone Zanoni : quand un chef italien avoue préférer nos vins français
Le chef star du George V, 650.000 abonnés Instagram, lâche une vérité qui fait mal : il préfère nos bordeaux à ses barolos. Ben voyons, encore un qui a compris où était la vraie excellence.
Simone Zanoni, 50 ans, chef italien à la tête des cuisines du George, cette table étoilée du palace parisien George V, vient de nous faire un aveu savoureux. À l'occasion de la journée mondiale de la gastronomie italienne, ce virtuose des fourneaux nous explique pourquoi sa cave personnelle regorge davantage de flacons français qu'italiens.
"Les vins que j'achète, c'est pour mes enfants"
"Les vins que j'achète aujourd'hui, ils sont pour mes enfants quand ils seront adultes", confie le chef. Une philosophie patrimoniale qui honore la France : transmettre ce qu'il y a de meilleur aux générations futures. Voilà un homme qui a saisi l'essence même de notre art de vivre.
"Je viens d'une famille très modeste, où le vin était présent, mais d'une autre manière", explique Zanoni. "Mon oncle était viticulteur, mais il produisait du vin de table que l'on embouteillait dans des dames-jeannes." C'est en arrivant en France qu'il découvre la vraie noblesse viticole.
Quand l'excellence française s'impose
"C'est quand je suis arrivé en France que j'ai réellement commencé à m'intéresser au vin, ce qui fait que j'ai beaucoup plus de bouteilles françaises qu'italiennes dans ma cave", avoue-t-il sans détour.
Le chef italien n'hésite pas à citer ses coups de cœur transalpins : Luca Roagna pour ses barolos modernes, le domaine Capellano, bastion historique du 19e siècle, ou encore Sassicaia en Toscane. Mais attention, précise-t-il : "Dans ma cave, j'ai de grandes bouteilles de chez Chave ou Jamet dans la vallée du Rhône, mais ce seront mes enfants qui en profiteront !"
Souvenirs de dégustation d'exception
Ses plus beaux souvenirs ? Un château d'Yquem des années 1880 dégusté chez Gordon Ramsay à Londres, offert par un client généreux. "Je me souviendrai toujours de sa couleur, comparable à du sirop d'érable", se remémore-t-il.
Autre moment d'émotion : chez Philipponnat en Champagne, où il déguste un 1976, son année de naissance, directement sorti de cave et dégorgé pour l'occasion.
L'art des accords à l'italienne
Pour accompagner une carbonara ? "Il faut un barbaresco ou un barolo. Les tanins permettent de dégraisser le gras du plat." Sur une pizza margherita ? Du franciacorta, "l'équivalent du champagne en Italie".
Voilà un chef qui a su reconnaître l'excellence là où elle se trouve. Quand même, il aura fallu qu'il traverse les Alpes pour découvrir ce que tout le monde sait : nos terroirs restent inégalés.